La République | Blog d’information et de débat sur l’actualité tunisienne

08 mars 2012

Les limites du laxisme gouvernemental

S’il existe un dossier sur lequel il y a un laxisme flagrant de la part du gouvernement de la troïka, c’est bien celui relatif aux salafistes et autres radicaux religieux toutes tendances confondues. Démonstration.

Le parti Tahrir (non autorisé) continu d’organiser meetings et conférences de presse (alors même que c’est un parti antirépublicain, qui ne respecte point les règles de la démocratie et qui déclare son attachement au rétablissement du Califat). Sans oublier que certains parlent même d’une probable autorisation sous peu. Argument utilisé : non à l’exclusion.

Les Salafistes de la faculté Manouba : d’une question de Niqab et d’une confrontation autour de l’accès des filles portant le Niqab à la faculté, nous sommes arrivés aujourd’hui à l’outrage au drapeau national et son remplacement par l’emblème salafiste sans oublier le feuilleton de confrontation ente le doyen de la faculté et des groupes d’étudiants (et de non étudiants) religieux (et dont le dernier épisode s’est terminé par le saccage du bureau du doyen). Une confrontation qui a causé la fermeture de l’établissement universitaire (et donc l’arrêt des cours) pour un long moment avant une « reprise » (si l’on peu dire) qui a été mouvementée. Certains se posent des questions sur le manque de fermeté des autorités face à ce qui se passe à la Manouba. Mais la aussi l’argument utilisé : non à l’exclusion, non à la solution sécuritaire.

Les religieux radicaux dans les mosquées. Les témoignages qui proviennent de plus d’une mosquée en Tunisie et en particulier dans certaines villes sont plus qu’alarmants. Les prêches des imams se radicalisent, certaines mosquées ont été carrément confisquées par certaines tendances radicales. Dans les prêches du vendredi ont parle de tout : on parle des laïcs (et de la nécessité de se méfier –pour rester soft- des défenseurs de ce discours qui sont montrer du doigt), on parle des médias, on parle du renvoi de l’ambassadeur syrien, on parle de l’opposition qui ne laisse pas le gouvernement « travailler »… mais on ne parle que rarement de… religion et d’islam.

Autre phénomène ; lors des visites des prédicateurs Egyptiens (en particulier Wajdi Ghanim) et malgré la position critique du ministère des affaires religieuses, ce monsieur a donné ses « leçons » dans plus d’une mosquée tunisienne sans être dérangé. Pourquoi il n’y a pas eu de réaction ferme contre ces dépassements ? Je ne vais pas vous surprendre… ehh oui c’est le même argument : nous privilégions le dialogue et nous refusons le recours à la solution sécuritaire.

 

Ces trois exemples sont suffisants pour affirmer qu’il existe un laxisme flagrant dans le traitement du dossier des religieux radicaux. L’outrage au drapeau national est venu aujourd’hui que les radicaux ne comptent pas limiter leurs demandes, qu’ils prendront d’avantage de mosquées, organiseront (sans autorisation) des meetings, et imposeront leur lois à ceux qui sont en désaccord avec eux (dans un irrespect total de la loi)… tant qu’on les laissera faire.

Ce laxisme du gouvernement qui aurait pu se comprendre au début comme un volonté de laisser la chance à une autre solution outre que celle sécuritaire, montre aujourd’hui ses limites et met en cause l’autorité (ou le peu qui reste) de l’Etat.

Le drapeau tunisien est une ligne rouge, certes, mais si rien n’est fait elle sera très vite dépassée et la prochaine fois nous n’aurons pas un drapeau déchiré mais… une personne tuée et là, le gouvernement n’aura même plus la possibilité de regretter son laxisme.       

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09 mars 2011

Suppression de ‘‘la police politique’’, oui mais qu'en est-il du jugement des criminels ?

 

Décision courageuse, grande nouvelle, évènement historique… tout ou presque a été dit pour saluer la décision du ministre de l’intérieur M. Rajhi de supprimer « la police politique ». Appellation officieuse d’une brigade du ministère de l’intérieur chargée de traquer les opposants, de les torturer et de maintenir le régime de Ben Ali en place.

 

Par communiqué, puis par interventions sur  diverses chaines de télévisions et de radios, la nouvelle a été annoncée par le ministre et ses collaborateurs.

 

Or, que veut dire la suppression de la police politique ? Absolument rien !!!

 

Je suis convaincu qu’il s’agit d’une énorme supercherie et je m’étonne de voir des militants de droits de l’homme super contents d’apprendre cette nouvelle. Suffit-il de dire « je supprime la police politique » pour nous rassurer sur la disparition effective de cet organisme odieux ?

 

Pour ma part, je considère que l’importance de cette mesure ne dépasse pas l’effet d’annonce tant que d’autres mesures d’ordre pratique ne seront pas prises, et en particulier :

 

- Déclassifier et détruire les documents d’espionnage réalisés par ce service sur des milliers de tunisiens.

 

- Juger les responsables du service et mettre en retraites anticipées tous ses agents.

 

Tant que les directeurs de la police politique ne sont pas jugés et que ses agents continuent d’exercer en toute tranquillité leur fonction (au sein du ministère de l’intérieur), nous ne pouvons absolument pas dire que nous sommes à l’abri d’un espionnage permanent de la part d’un service qui n’a finalement pas été sanctionné. 

 

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01 mars 2011

Il faut du courage politique !

La situation politique est de plus en plus chaotique en Tunisie. Non seulement te tunisien lambda ne comprend plus rien à rien : ni où va le pays, ni qui le gouverne réellement, ni encore ce qui se passera… le lendemain, mais ce qui est plus grave encore c’est que les hommes politiques et en particuliers les membres du gouvernement provisoire n’ont eux aussi aucune visibilité sur l’évolution des évènements !

J’ai posé la question à une dizaine de juristes, hommes politiques, journalistes et autres analystes et personne n’a été capable de me dire de quoi demain serait-il fait !

Alors que des rumeurs persistantes indiquent que dans l’absence d’un consensus politique générale et d’un retour au calme, l’armée ne laisserait pas la situation dégénérée encore plus au-delà du 15 mars (date à laquelle l’intérim du président Foued Mbazaa arrive a sa fin selon la Constitution), les membres du gouvernement témoignent d’un manque de courage politique impressionnant. Personne d’entre eux n’est en mesure de prendre ses responsabilités. Pis encore, plusieurs se préparent pour les prochaines échéances électorales ! raison pour laquelle ils ne font que caresser (tout le monde) dans le sens du poil.

Les exemples de ce manque de courage politique sont nombreux et voici les dernières illustrations :


• Alors que des décisions sévères étaient nécessaires depuis vendredi 25 février contre les casseurs et autres mineurs irresponsables qui ont transformés l’Avenue Bourguiba en champ de bataille, tous les membres du gouvernement ont fait dans la victimisation et n’ont pas osés critiquer les irresponsables qui ont appelés aux manifestations. Des manifestations qui n’avaient absolument rien à voir avec celle du 14 janvier puisqu’elles étaient composées majoritairement de lycéens et de gamins « forcés » à quitter leurs établissements scolaires et chantant en pleine manif des « hymnes footballistiques » !   

 

• Jusqu’à aujourd’hui, les membres du gouvernement provisoire n’ont pas dit clairement aux tunisiens demandeurs de certains avantages sociaux qu’ils ne sont là que pour gérer « les affaires courantes » de l’Etat jusqu’à l’organisation des élections. Au contraire, certains ministres annoncent régulièrement des mesures et des programmes futurs qui vont largement au-delà de la période transitoire !

Pourquoi le font-ils ? Évidemment, pour ne pas contrarier une partie de leurs futurs électeurs.

 

Aujourd’hui, il est indispensable que les membres du gouvernement fassent preuve de courage politique et disent aux tunisiens certaines vérités. Il est aussi indispensable qu’ils arrêtent de prendre des décisions « stratégiques » parce qu’ils n’ont aucune légitimité pour le faire. Enfin et peut être surtout, il est indispensable que certains d’entre eux arrêtent de participer aux meetings de leurs parties politiques. Actuellement ils ‘’ne sont que’’ ministres à plein temps. Le temps des élections n’est pas encore là et les campagnes électorales ne sont pas la préoccupation majeure des tunisiens aujourd’hui.


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24 février 2011

À la rencontre de Hezb Tahrir…

Vendredi 11 février, le bruit court à Tunis qu’un parti politique islamiste vient de réclamer lors d’une manifestation de quelques centaines de ses partisans (100 à 200 ?), l’établissement  d’un Califat islamique en Tunisie. Renseignement pris, il s’agit de Hezb Tahrir. Ce parti (interdit dans la majorité des pays arabes) venait d’annoncer ainsi sa volonté de participer au débat (manifestation) politique que connaît la Tunisie depuis le 14 janvier.

Pour approfondir la connaissance de ce parti (non reconnu encore), j’ai rencontré deux personnes qui se sont déclarés membres du bureau exécutif et j’ai pu avoir (et peut être je n’ai pu avoir puisqu’ils n’avaient rien de concret à me proposer) malgré les réticences, la liste des membres du bureau politique que je vous livre en exclusivité (diffusée pour la première fois lors de l’émission Hdith Tounes sur la radio Shems Fm) :

Président : Abd Mejid Hbibi

Porte parole : Amine Belhadj

Membres :

Kamel Gasmi

Adb Raouf Amri

Nabil Manai

Foued Azouz

 

Quelle est la vision (puisqu’il n’y a pas de programme encore) de ce parti ?

Elle se résume dans la nécessité de l’établissement du Califat islamique. Pourquoi ? Mon interlocuteur n’hésite pas à affirmer que « puisque nos besoins en tant qu’Hommes sont les mêmes (depuis des siècles), alors nos solutions doivent être les mêmes, à savoir l’établissement du Califat ».

Le meilleur exemple illustrant cette « obsession » est donné par l’appel lancé par la branche égyptienne du parti à l’armée pour qu’elle instaure le Califat en Egypte (appel disponible sur le site internet du parti).

Mes interlocuteurs assurent en revanche que leur combat pour l’établissement du Califat sera pacifique mais que contrairement à d’autres partis (Ennahdha ?), ils ne proposeront pas un « islam suisse » (référence faite à ce que certains appellent l’islam modéré), mais ils défendront les « vrais » principes de l’islam. 

Affaire à suivre.

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18 février 2011

Ahmed Néjib Chebbi et... le budget Tunisien

 

ahmed_nejib_chebbi

Serait-elle la première grande gaffe politique de l’opposant historique au régime de Ben Ali et actuel ministre tunisien du Développement régional et local ?

Questionné le jeudi 17 février sur France 24 par un étudiant tunisien, à propos du montant du budget tunisien, Ahmed Néjib Chebbi a avancé le chiffre pharaonique de « 40 à 50 milliards », alors que le budget tunisien ne dépasse guère les 20 milliards. Ce lapsus est peut être révélateur d’un manque flagrant d’informations sur la situation économique et financière de l’Etat.

Est-il admissible qu’un ministre qui se charge du développement régional et local, dans un gouvernement qui ne fait qu’engager l’Etat Tunisien sur des dépenses et des charges importantes pour les prochaines années soit dans l’incapacité de donner le montant exact du budget tunisien ?

Affaire à suivre…

 

 

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17 février 2011

Ben Ali est peut être hospitalisé dans le Centre Médical International de Djeddah

 

Les informations diffusées par Nicolas Beau, journaliste français et désormais spécialiste de la Tunisie* faisant état d’une hospitalisation de l’ex-président Tunisien suite à un accident vasculaire cérébrale (AVC), se confirment de plus en plus. Alors qu’aucune autorité saoudienne n’a jugée bon de confirmer ou de démentir cette information, d’autres sources à Tunis (proches de la présidence de la république) et à Djeddah (lieu d’hospitalisation de l’ex-président) confirment le coma de Ben Ali depuis 2 jours.

Admis au service neurochirurgie sous une fausse identité, le président déchu est peut être hospitalisé dans l’un des hôpitaux les plus avancés du golf à savoir le « Centre Médical International » (photos) qui se trouve à Djeddah.

Leila Trabelsi, son épouse, l’aurait quitté en direction de la Libye où elle a toujours de bonnes relations avec le guide libyen et sa famille.

 centre_m_dical_international

centre_medical_international_2

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* à coté de ses deux célèbres livres, l’un consacré à l’ex-président tunisien « Notre ami Ben Ali » (1999) et l’autre à son épouse Leila Trabelsi « La régente de Carthage » (coécrit avec Catherine Graciet (2009), il vient de lancer « Le blog tunisien de Nicolas Beau », un blog « dédié à la Tunisie et au monde arabe ». 

 

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01 février 2011

Pour Sarkozy, la révolution tunisienne est… un coup d’Etat militaire !

 

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Après le mea-culpa du président français suite au non soutien de la révolution tunisienne par la France officielle, et le limogeage de M. Pierre Ménat l’ambassadeur de France en Tunisie, Nicolas Sarkozy vient encore une fois de témoigner d’un manque de discernement politique impressionnant. En effet, selon Le Canard enchainé (26/01), Sarkozy considère que « la révolution du jasmin n’est pas seulement une révolution populaire… ce n’est pas la rue qui a chassé Ben Ali. Ce qui s’est passé en Tunisie s’apparente plus à un coup d’Etat militaire. C’est l’armée qui l’a lâché et l’a mis dans un avion. L’idée que le bon peuple tunisien a eu la peu de Ben Ali, ce n’est pas vrai. »

Malgré que certains observateurs évoquent un rôle « déterminant » de l’armée et (peut-être) une pression américaine, jusque là personne n’a utilisé la théorie du coup d’Etat militaire. Et si l’on croit les déclarations faites au journal Assabeh (01/02) par M. Hédi Baccouche (l’une des personnalités politiques tunisiennes les plus informées sur les évènements du 14 janvier qui ont conduit à la chute de Ben Ali), l’armée n’aurait eu « aucun rôle dans les pressions exercées pour que Ben Ali quitte le pouvoir », elle n’aurait pas fait de pression sur le président déchu et n’aurait même pas assuré sa fuite. Mais c’est peut être le même ambassadeur qui disait à Sarkozy quelques heures avant la chute du régime que « Ben Ali contrôle la situation » qui lui a dit aussi que la révolution Tunisienne est un coup d’Etat militaire !

 

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27 janvier 2011

Yadh Ben Achour accepte les islamistes dans sa Commission de réformes politiques

 

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Dans un entretien accordé à L’Express, Yadh Ben Achour, Président de la Commission des réformes politiques, a indiqué que « tous les partis politiques, qu’ils soient reconnus ou pas » participeront à la Commission « y compris le mouvement d’Ennahdha ».

D’autre part, et en affirmant que « politiquement, la Tunisie est un désert », M. Ben Achour considère qu’il faudrait entre six mois et un an pour organiser une première élection.

 

26 janvier 2011

Kamel Morjane veut lancer un parti politique centriste

 

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Kamel Morjane, minsitre des affaires étrangères du gouvernement de transition à fait savoir au journal La Presse son intention de fonder un parti politique centriste. M. Morjane, qui vient de démissionner du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti de Ben Ali, aurait soufflé à La Presse « son intention de fonder un nouveau parti politique, conforme à l’esprit inauguré par la Révolution Tunisienne. Un parti libéral social jouant pleinement le jeu démocratique. Une sorte de parti centriste prônant le consensus et le compromis. »

Rappelons que -contrairement à ce qu’il a affirmé- M. Morjane serait avec le général Rachid Ammar, chef d’état majeur de l’armée de terre tunisienne, derrière la décision de Ben Ali de quitter le pays le 14 janvier.

 

 

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23 janvier 2011

Pourquoi Sarkozy n’a pas condamné les crimes de Ben Ali ?

 

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Le12 janvier, deux jours avant la chute du régime de Ben Ali, le président français Nicolas Sarkozy aurait défendu au Conseil des ministres l’ex homme fort de la Tunisie en affirmant que « Ben Ali a voulu élever le niveau de formation des jeunes Tunisiens » et en avertissant que « le pire pour la Tunisie serait qu’un régime laïque imparfait cède la place à un régime islamiste parfait. Voyez l’Iran. »

Le Canard Enchainé rapporte aussi que quelques jours après la chute du régime, Sarkozy est revenu encore à la charge en affirmant que s’il avait soutenu Ben Ali c’est parce qu’il « était un rempart contre le terrorisme et l’islamisme ! »

Pourquoi Sarkozy n’a pas condamné les crimes de Ben Ali contre la jeunesse Tunisienne ? Cela est clair, il a préféré voir des dizaines de jeunes tunisiens tombés en martyrs plutôt que de voir les islamistes sur la scène politique tunisienne.

 

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