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Après le mea-culpa du président français suite au non soutien de la révolution tunisienne par la France officielle, et le limogeage de M. Pierre Ménat l’ambassadeur de France en Tunisie, Nicolas Sarkozy vient encore une fois de témoigner d’un manque de discernement politique impressionnant. En effet, selon Le Canard enchainé (26/01), Sarkozy considère que « la révolution du jasmin n’est pas seulement une révolution populaire… ce n’est pas la rue qui a chassé Ben Ali. Ce qui s’est passé en Tunisie s’apparente plus à un coup d’Etat militaire. C’est l’armée qui l’a lâché et l’a mis dans un avion. L’idée que le bon peuple tunisien a eu la peu de Ben Ali, ce n’est pas vrai. »

Malgré que certains observateurs évoquent un rôle « déterminant » de l’armée et (peut-être) une pression américaine, jusque là personne n’a utilisé la théorie du coup d’Etat militaire. Et si l’on croit les déclarations faites au journal Assabeh (01/02) par M. Hédi Baccouche (l’une des personnalités politiques tunisiennes les plus informées sur les évènements du 14 janvier qui ont conduit à la chute de Ben Ali), l’armée n’aurait eu « aucun rôle dans les pressions exercées pour que Ben Ali quitte le pouvoir », elle n’aurait pas fait de pression sur le président déchu et n’aurait même pas assuré sa fuite. Mais c’est peut être le même ambassadeur qui disait à Sarkozy quelques heures avant la chute du régime que « Ben Ali contrôle la situation » qui lui a dit aussi que la révolution Tunisienne est un coup d’Etat militaire !