La situation politique est de plus en plus chaotique en Tunisie. Non seulement te tunisien lambda ne comprend plus rien à rien : ni où va le pays, ni qui le gouverne réellement, ni encore ce qui se passera… le lendemain, mais ce qui est plus grave encore c’est que les hommes politiques et en particuliers les membres du gouvernement provisoire n’ont eux aussi aucune visibilité sur l’évolution des évènements !

J’ai posé la question à une dizaine de juristes, hommes politiques, journalistes et autres analystes et personne n’a été capable de me dire de quoi demain serait-il fait !

Alors que des rumeurs persistantes indiquent que dans l’absence d’un consensus politique générale et d’un retour au calme, l’armée ne laisserait pas la situation dégénérée encore plus au-delà du 15 mars (date à laquelle l’intérim du président Foued Mbazaa arrive a sa fin selon la Constitution), les membres du gouvernement témoignent d’un manque de courage politique impressionnant. Personne d’entre eux n’est en mesure de prendre ses responsabilités. Pis encore, plusieurs se préparent pour les prochaines échéances électorales ! raison pour laquelle ils ne font que caresser (tout le monde) dans le sens du poil.

Les exemples de ce manque de courage politique sont nombreux et voici les dernières illustrations :


• Alors que des décisions sévères étaient nécessaires depuis vendredi 25 février contre les casseurs et autres mineurs irresponsables qui ont transformés l’Avenue Bourguiba en champ de bataille, tous les membres du gouvernement ont fait dans la victimisation et n’ont pas osés critiquer les irresponsables qui ont appelés aux manifestations. Des manifestations qui n’avaient absolument rien à voir avec celle du 14 janvier puisqu’elles étaient composées majoritairement de lycéens et de gamins « forcés » à quitter leurs établissements scolaires et chantant en pleine manif des « hymnes footballistiques » !   

 

• Jusqu’à aujourd’hui, les membres du gouvernement provisoire n’ont pas dit clairement aux tunisiens demandeurs de certains avantages sociaux qu’ils ne sont là que pour gérer « les affaires courantes » de l’Etat jusqu’à l’organisation des élections. Au contraire, certains ministres annoncent régulièrement des mesures et des programmes futurs qui vont largement au-delà de la période transitoire !

Pourquoi le font-ils ? Évidemment, pour ne pas contrarier une partie de leurs futurs électeurs.

 

Aujourd’hui, il est indispensable que les membres du gouvernement fassent preuve de courage politique et disent aux tunisiens certaines vérités. Il est aussi indispensable qu’ils arrêtent de prendre des décisions « stratégiques » parce qu’ils n’ont aucune légitimité pour le faire. Enfin et peut être surtout, il est indispensable que certains d’entre eux arrêtent de participer aux meetings de leurs parties politiques. Actuellement ils ‘’ne sont que’’ ministres à plein temps. Le temps des élections n’est pas encore là et les campagnes électorales ne sont pas la préoccupation majeure des tunisiens aujourd’hui.