Décision courageuse, grande nouvelle, évènement historique… tout ou presque a été dit pour saluer la décision du ministre de l’intérieur M. Rajhi de supprimer « la police politique ». Appellation officieuse d’une brigade du ministère de l’intérieur chargée de traquer les opposants, de les torturer et de maintenir le régime de Ben Ali en place.

 

Par communiqué, puis par interventions sur  diverses chaines de télévisions et de radios, la nouvelle a été annoncée par le ministre et ses collaborateurs.

 

Or, que veut dire la suppression de la police politique ? Absolument rien !!!

 

Je suis convaincu qu’il s’agit d’une énorme supercherie et je m’étonne de voir des militants de droits de l’homme super contents d’apprendre cette nouvelle. Suffit-il de dire « je supprime la police politique » pour nous rassurer sur la disparition effective de cet organisme odieux ?

 

Pour ma part, je considère que l’importance de cette mesure ne dépasse pas l’effet d’annonce tant que d’autres mesures d’ordre pratique ne seront pas prises, et en particulier :

 

- Déclassifier et détruire les documents d’espionnage réalisés par ce service sur des milliers de tunisiens.

 

- Juger les responsables du service et mettre en retraites anticipées tous ses agents.

 

Tant que les directeurs de la police politique ne sont pas jugés et que ses agents continuent d’exercer en toute tranquillité leur fonction (au sein du ministère de l’intérieur), nous ne pouvons absolument pas dire que nous sommes à l’abri d’un espionnage permanent de la part d’un service qui n’a finalement pas été sanctionné.