S’il existe un dossier sur lequel il y a un laxisme flagrant de la part du gouvernement de la troïka, c’est bien celui relatif aux salafistes et autres radicaux religieux toutes tendances confondues. Démonstration.

Le parti Tahrir (non autorisé) continu d’organiser meetings et conférences de presse (alors même que c’est un parti antirépublicain, qui ne respecte point les règles de la démocratie et qui déclare son attachement au rétablissement du Califat). Sans oublier que certains parlent même d’une probable autorisation sous peu. Argument utilisé : non à l’exclusion.

Les Salafistes de la faculté Manouba : d’une question de Niqab et d’une confrontation autour de l’accès des filles portant le Niqab à la faculté, nous sommes arrivés aujourd’hui à l’outrage au drapeau national et son remplacement par l’emblème salafiste sans oublier le feuilleton de confrontation ente le doyen de la faculté et des groupes d’étudiants (et de non étudiants) religieux (et dont le dernier épisode s’est terminé par le saccage du bureau du doyen). Une confrontation qui a causé la fermeture de l’établissement universitaire (et donc l’arrêt des cours) pour un long moment avant une « reprise » (si l’on peu dire) qui a été mouvementée. Certains se posent des questions sur le manque de fermeté des autorités face à ce qui se passe à la Manouba. Mais la aussi l’argument utilisé : non à l’exclusion, non à la solution sécuritaire.

Les religieux radicaux dans les mosquées. Les témoignages qui proviennent de plus d’une mosquée en Tunisie et en particulier dans certaines villes sont plus qu’alarmants. Les prêches des imams se radicalisent, certaines mosquées ont été carrément confisquées par certaines tendances radicales. Dans les prêches du vendredi ont parle de tout : on parle des laïcs (et de la nécessité de se méfier –pour rester soft- des défenseurs de ce discours qui sont montrer du doigt), on parle des médias, on parle du renvoi de l’ambassadeur syrien, on parle de l’opposition qui ne laisse pas le gouvernement « travailler »… mais on ne parle que rarement de… religion et d’islam.

Autre phénomène ; lors des visites des prédicateurs Egyptiens (en particulier Wajdi Ghanim) et malgré la position critique du ministère des affaires religieuses, ce monsieur a donné ses « leçons » dans plus d’une mosquée tunisienne sans être dérangé. Pourquoi il n’y a pas eu de réaction ferme contre ces dépassements ? Je ne vais pas vous surprendre… ehh oui c’est le même argument : nous privilégions le dialogue et nous refusons le recours à la solution sécuritaire.

 

Ces trois exemples sont suffisants pour affirmer qu’il existe un laxisme flagrant dans le traitement du dossier des religieux radicaux. L’outrage au drapeau national est venu aujourd’hui que les radicaux ne comptent pas limiter leurs demandes, qu’ils prendront d’avantage de mosquées, organiseront (sans autorisation) des meetings, et imposeront leur lois à ceux qui sont en désaccord avec eux (dans un irrespect total de la loi)… tant qu’on les laissera faire.

Ce laxisme du gouvernement qui aurait pu se comprendre au début comme un volonté de laisser la chance à une autre solution outre que celle sécuritaire, montre aujourd’hui ses limites et met en cause l’autorité (ou le peu qui reste) de l’Etat.

Le drapeau tunisien est une ligne rouge, certes, mais si rien n’est fait elle sera très vite dépassée et la prochaine fois nous n’aurons pas un drapeau déchiré mais… une personne tuée et là, le gouvernement n’aura même plus la possibilité de regretter son laxisme.